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Initiée à Cannes par l'ouverture du Beausite, en 1842, suivie de celle du Grand Hôtel en 1864, l'ère des palaces allait se poursuivre avec la construction d'un grand nombre d'établissements prestigieux.
En quelques décennies, la Côte d'Azur allait devenir le haut lieu de villégiature de la haute société européenne, qui y prenait ses quartiers d'hiver. Vers 1900, la seule ville de Nice totalisait plus de 5 000 chambres. Son plus ancien palace, l’Hôtel des Anglais, qui prit par la suite le nom de Ruhl, est né en 1875.
Puis vinrent Le Riviera en 1892, Le Grand Hôtel Excelsior Regina en 1897, Le Winter en 1900, Le Majestic en 1908, L’Hermitage en 1910 et Le Negresco en 1912. Le Grand Hôtel du Cap-Eden Roc s’érigea à Antibes en 1863 et fut agrandi en 1914.
Édifié en 1891, l’Hôtel Métropole s'inscrivit rapidement dans le circuit de ces établissements d'un luxe inédit, qui attiraient une clientèle aussi raffinée que cosmopolite.
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Charles Ferrand, né à Grillon, dans le Vaucluse, fut le fondateur du Métropole. Il fit ses preuves comme maître d’hôtel au Grand Hôtel de Monte-Carlo. Le Métropole ouvrit ses portes en décembre 1891. A cette date, il n’y a encore à Beaulieu ni gaz, ni électricité. On s'y éclaire à la chandelle ou à la lampe à pétrole. Beaulieu, qui n'est une commune à part entière que depuis un an, ne compte alors que 550 habitants.
A l’origine, M. Ferrand s’était associé à M. Ferrari (ex propriétaire de l’Hôtel d’Angleterre à Monaco) pour gérer les deux établissements les plus prestigieux du site : le restaurant de La Réserve, qui n’était pas encore un hôtel, et Le Métropole. Très actif, Charles Ferrand, parallèlement à la tenue de ce palace, était également directeur et propriétaire du Café-Glacier-Restaurant du Grand Cercle d’Aix-les-Bains.
En 1902, Charles Ferrand reste seul propriétaire du Métropole. Il entreprend d’importantes transformations. L’éclairage électrique, notamment, sera à la disposition des clients dès la saison suivante. Il est également question de créer, en saillie sur la mer dans la partie est de l'immense terrain, un restaurant susceptible de rivaliser par sa splendeur et son confort avec les établissements les plus renommés. Ce sera La Réserve, par la suite transformé en hôtel.
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Dès son ouverture, l'Hôtel Métropole reçoit les célébrités de l’aristocratie, du monde des affaires, des sciences, de la politique et des arts. La Princesse de Bulgarie, l’ex-président de la République Casimir-Perier, l’Empereur et l’Impératrice d’Autriche (Sissi) lui font très tôt l'honneur de leur clientèle.
Le succès de l'établissement se confirme rapidement. En avril 1899, la presse locale imprimait : … « A l’hôtel Métropole, tout est encore, autant dire, comble. Les arrivées s’y sont succédées depuis deux semaines de façon inquiétante pour le repos des aimables propriétaires, Messieurs Ferrari et Ferrand, qui se voient dans la nécessité de prolonger leur saison au moins jusqu’à la fin de mai, le confort du lieu se prêtant admirablement à une villégiature quasi estivale dont retirent grand profit les hôtes du Métropole ».
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La Belle Époque bat son plein et les clients prestigieux affluent. Princes et princesses, comme la princesse de Hohenlohe, ambassadeurs et leurs suites, comme le Général Azar-Aga, ministre plénipotentiaire de Perse à Paris, séjournent au Métropole où les mondanités s'enchaînent sur un rythme soutenu.
En 1910, une fête de charité fut organisée dans les salons de l’hôtel au profit des sinistrés de la grande inondation qui avait frappé Paris. Une foule des plus élégantes, composée de tout ce que la Riviera comptait de notabilités artistiques, littéraires et mondaines, se pressait dans les jardins.
La vicomtesse de Jessaint, la princesse Piedemonte, le comte de Brulatour, la comtesse de Weinberg et le prince de Hohenlohe, pour ne citer qu’eux, animèrent cette manifestation restée dans les mémoires comme un point d'orgue des dernières heures de la Vieille Europe.
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